2. Vert- Dispute
La Météo confirme : la température est encore en hausse.
La nature se réveille, les arbres sont heureux de pouvoir lâcher leurs bourgeons, et le Magnolia du bout de l'avenue, lui, va bientôt pouvoir s'éclater à loisir.
Mathilde respire, se sent revivre.
Trop tôt pourtant pour se mettre à jardiner. en ce qui la concerne. Si la taille des petites haies est encore à sa portée grâce à sa cisaille électrique sans fil, les aubépines et hautes branches lui sont inaccessibles. Hors de question, n'est-ce pas, de se hasarder sur une échelle comme il lui arrivait de le faire autrefois. a, ce sera le boulot de Rosario, le jardinier.
Par contre, il y a les géraniums, ces incontournables des balcons, courageux, vivaces, qui survivent si on leur épargne les rigueurs de l'hiver. Les siens, elle les a garés à la cave ou sur les appuis de fenêtre au deuxième étage de la maison.
La seule chose qu'elle puisse accomplir pour le moment, pour se mettre au diapason du printemps, c'est soigner le mobilier de la terrasse, ce perchoir privilégié d'où elle surveiller l'état de santé petit coin de verdure en contre-bas. Elle va donc se contenter aujourd'hui de repeindre la petite table ronde en fer forgé, qui a pas mal souffert de la pluie et du gel.
Ouf! Poncer avec vigueur les pieds et la surface écaillée de la tablette n'a pas été une mince affaire.
Enfin, voilà! Devoir accompli, il ne reste plus qu'à peindre.
Elle a enfilé des gants de protection, et le pot et l'assortiment des pinceaux sont à sa portée. Elle peut s'y mettre.
Coup de sonnette.
C'est quoi, ça? Elle n'attend personne.
La porte d'entrée est aussitôt ouverte, une voix féminine interpelle du rez-de-chaussée :
-Mamy? Coucou, c'est moi!.. Florence!
C'est sa petite-fille. Sacrée gamine, celle-là! Toujours aussi imprévisible.
-Mamy? T'es où, dis?
-En haut ma chérie, surla terrasse....
L'ado grimpe les escaliers quatre à quatre et la voilà qui débarque aussitôt en trombe avec... Avec quoi? Mon dieu, avec un chien! Un Labrador. Une grosse boule de poils fougueuse qui fonce en quête de caresses et de bisous.
-Eh, doucement, là!... Attention! Non, non, doucement, le chien,! Attention au pot de peintuuur...
Trop tard! Coup de queue plein de gaité et catastrophe... Le pot est balancé!
-Oh... non(! M'enfin Florence, ton clebs... Regarde ce qu'il a fait... Mon tablier, mes chaussures et... Mais oui, putain! Le sol! Le bois de la terrasse, pardi.. Le tek! Ces belles lattes de tek qui m'ont coûté si cher!
Bravo, hein, Florence, bravo! Allez, s'il te plaît, dégage!
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerC’est le printemps et avec lui, Mathide renait, se sent revivre.
Elle décide de se remettre à jardiner du moins pour les plantes à sa portée. Les hautes tiges, ce n’est plus de son âge. Mais poncer et repeindre, pourquoi pas.
Et voilà que survient Lucie, sa petite fille adolescente qui est tombée amoureuse et a adopté un beau labrador, un peu trop vivant pour la grand-mère.
Bravo, je suis curieux de voir comment va évoluer le rapport entre Mathilde et Lucie.
Cordialement, Christian
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerComme pour France, un joli moment de vie quotidienne !
Renouveau et bonne humeur, température à la hausse et besoin d'agir, de reprendre le dessus sur l'hiver et préparer le printemps !
Mathilde est-elle prête à suivre le même processus et comment va-t-elle réagir après avoir déjà chassé sa fille et son clebs bien chaleureux ?
J'admire ta man!ère de créer de véritables petits tableaux vivants au départ d'une simple observation du banal, du quotidien, de la vie sans extraordinaire.
L'ordinaire n'est-il pas extraordinaire ?
Un plaisir toujours renouvelé que te lire !
Bise amicale,
Jan.
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerUn malheur pour Mathilde mais une lecture amusante pour nous !
Une journée particulièrement colorée dans la vie oisive (?) d'une retraitée...
Comment va-t-elle s'excuser de son bien compréhensible mouvement d'humeur vis à vis de sa petite-fille ? Ses réactions violentes sont-elles fréquentes ?
Tu as vraiment l'art de rendre captivante l'observation de la vie quotidienne.
Encore bonne année et bravo pour ce texte.
Bien amicalement,
Michel.
L'arrivée d'un chien est souvent source de catastrophe, surtout lorsqu'on y est pas préparé! Mais quelle joie et quelle vie! Effectivement, on peut compatir dans ce coup-ci. Mais j'adore les chiens! Alors??? Et puis , comme ça elle a la joie de voir sa petite fille! Va falloir trouver quelque chose à faire pour la terrasse mais c'est peut-être l'occasion de nouvelle rencontre??? Qui sait?
RépondreSupprimerBonjour Micheline,
RépondreSupprimerTon texte repose sur une scène du quotidien où la nature prend toute la place. Le printemps s'annonce et tous les travaux s'y rapportant sont bien détaillés.
On suit Mathilde, on la voit s'activer. Le calme ne sait pas encore qu'il sera de courte durée !
Florence incarne le choc des générations: imprévu et désordre.
Comment Florence va-t-elle se dédouaner?
Merci pour ce texte plein de vie!
Colette
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerHabile utilisation du vert printanier qui nous montre aussi une Mathilde rajeunie et dynamique, voire agressive. La scène avec le chien est délicieuse. Tu la fais vivre par la vivacité du rythme. Et très logiquement, tu la termines par un éclate de colère.
Ceci dit, tu as introduit un deuxième personnage qui forme un duo intéressant avec Mathilde par le contraste des âges, bien sûr mais aussi par la complexité des rapports : l’affection naturelle entre une grand-mère et sa petite fille et sans doute à la fois des ressemblances et des divergences de caractères.
Je ne peux que t’encourager à continuer à exploiter cette relation, ce qui ne veut pas dire qu’elle doive devenir systématique, mais elle est vraiment intéressante.
Dans ton prochain chapitre, sous le signe du blanc, un parfum évoquera un succès.
Bon travail,
Liliane
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerTon récit va crescendo. Après un début calme, en adéquation avec l'âge de Mathilde qui comme la nature s'apprête à revivre avec le retour des beaux jours, tout est emporté par la tornade de la jeunesse (et du chien plein de vie).À la clé, une catastrophe pour la terrasse et les habits de Mathilde.
C'est un régal de te lire.
José