3. BLANC
Coup de sonnette.!
Mathilde délaisse l’évier de la cuisine et se dirige vers le hall d'entrée où une petite camera espion va lui permettre de jeter un coup d’œil sur le seuil. Surprise, c’est sa petite-fille!
-Mamy, c’est moi, Florence!
-Oui, je vois. Qu’est-ce que tu fais là, Florence? Tu ne m’as pas prévenue que tu allais venir. Allez, viens, entre.
La porte sitôt ouverte, la question fuse.
-C'est quoi ça, Florence? Une cage?
- Oui, Mamy, une cage. Mais pas n’importe laquelle! Tiens, regarde à l’intérieur, il y une surprise pour toi!
Mathilde se penche, ses yeux s’écarquillent, un véritable ébahissement s’empare d’elle.
L’adolescente n’a pas attendu une invitation pour forcer le passage et gagner le salon.
-Viens voir. Regarde comme il est chou!
Elle a ouvert la cage et avec une infinie précaution, en sort un jeune lapin blanc qu’elle presse aussitôt contre son cœur.
-Dis, il n’est pas beau, mon petit Pompon?
-Ah, oui, oui, il est mignon, c’est sûr. Mais pourquoi l’as-tu amené?
Elle a à peine le temps de terminer sa phrase, qu'elle se retrouve les bras chargés de la petite bête tremblante, apeurée, les rabattues. Mais elle trouve évidemment d’instinct les gestes qui rassurent, les caresses et les murmures qui vont apaiser l’animal.
-Eh bien voilà, Mamy! Tu as un nouveau locataire.
-Qu’est-ce que tu dis? Qu’est-ce que tu racontes…?
- Ben oui... Attends, je t'explique...Tu sais que je suis en kot pour mes études, hein? Mais je vais bientôt partir en Angleterre pour un Erasmus. J’y tiens beaucoup. Et je ne peux pas encombrer maman davantage avec un animal, elle a beaucoup de boulot, tu sais. Alors j’ai pensé que ce serait bien pour toi que tu l'accueilles, que tu t'en occupes. Tu es toute seule ici , ça te fera de la compagnie… Il est gentil comme tout, tu verras, ce sera super!
Mathilde n’as pas cessé de se mordre les lèvres tout au long de l’énoncé des arguments et des louanges concernant l'hébergement du lapin.
Mais finalement, la raison et l'esprit maternel ont pris le dessus, elle a fléchi et accepte de prendre soin de cette petite boule de poils curieusement inattendue. Un petit réfugié qui, lui, a rapidement pris ses quartiers et qui n’hésite pas à cavaler de long en large, en toute liberté, de l’arrière-cuisine où a été relégué son bac à sable jusqu'au coeur du salon..
Quelques jours ont passé. Il n' a pas fallu longtemps pour que Pompon vienne régulièrement solliciter Mathilde lorsqu’elle se repose devant la télé. Il l’interroge alors du regard, insiste, saute sur ses genoux lorsqu’elle tarde à l'y inviter.
Il arrive même que les désirs de Pompon soient un peu différents, bizarres. La main, qui pend nonchalamment le long du canapé, cette main soudain l’interpelle, lui donne des idées, il l’attrape alors entre ses pattes, il s’y accroche, s'excite, de plus en plus, il bande et … d’un coup d’un seul, se jette en arrière pour retomber sur le dos… en totale pâmoison!
Mathilde n’en croit pas ses yeux, un sourire lui échappe.
Qui oserait prétendre que la vie chez Mamy n’est pas un autenthique paradis?
bonjour Micheline,
RépondreSupprimerTexte ultra bref ou début d'un texte amputé de la suite ?
Que contient la cage ? Florence vient-elle pour réparer les dégâts à l terrasse en bois précieux ?
Bien à toi,
Jan.
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerOuais, un peu surpris par la brieveté du texte. Je dirais aussi "que contient la cage" , c'est à dire la suite qui semble emputée?
Cordialement Christian
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerAh ! Le texte complet !
Jolie évocation de la manière dont un jeune responsable d'un animal parvient à le refiler aux parents qui n'en voulaient pas...
Mignon Pompom qui va probablement ronger les câbles de la télé ou du téléphone...
Et si ce Pompom se révélait un véritable "antistress" des plus efficaces pour Mathilde ? Elle a d'instinct trouvé les gestes apaisants pour la bête apeurée.
Je ne savais pas qu'un lapin pouvait venir sur les genoux, je les voyais plus "sauvages"...
Oubliée la catastrophe de la terrasse en bois précieux ?
Vivement un nouvel épisode de la vie quotidienne de ton héroïne bien sympa !
Amicalement,
Jan.
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerL’on peut supposer, sans trop prendre de risque, que tu as eu un petit souci informatique. Réparé.
Et voilà que Mathide se voit attribuer, le temps d’un Erasmus, d’un petit lapin blanc, Pompon, tout à fait charmant, dixit la jeune Florence. Et cela semble se confirmer. En effet, nos animaux , qu’ils soient de compagnie ou sauvage, sont particulièrement apaisants et fidèles. C’est le psy qui est en moi qui vous le dit …. Euh !
Tout de même, notre belle et adorable jeunesse ne s’empêche pas de faire appel à « Mamy » qui n’a bien sûr rien à faire, est disponible, corvéable à merci.
Au plaisir de lire l’épisode suivant. Bravo.
Cordialement, Christian
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerJe suppose que c'est du vécu car il y a trop de détails réalistes bien rendus. C'est un joli et précis moment familial.
Quel âge a Florence ? Ici elle part en Erasmus et elle paraît très gamine dans l'épisode précédent ?
Et si Pompon ne lui amenait que des ennuis ?
Amicalement,
Michel.
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerTu mets en scène une situation apparemment simple: le lapin est là comme prétexte pour tenir compagnie à la grand-mère.
Derrière cela se dessine un rapport de force discret. Florence impose en réalité une responsabilité. Elle tient un discours justificatif bien préparé tandis que Mathilde hésite puis cède. La jeunesse agit, l'âge accepte.
Et si ce lapin allait vraiment changer la vie de la vieille dame?
Tu nous le diras prochainement.
A bientôt!
Colette
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerTexte sympathique et qui sonne juste même s’il ne tient aucun compte de la consigne, mais peu importe !
Décidément Florence complique la vie de sa grand-mère avec son amour des animaux. A ce propos que deviendra son chien pendant son séjour en Angleterre ?
Bien vu le discours de Florence qui sait mieux que sa grand-mère elle-même ce qui est bon pour elle !
Bien vu aussi la réaction de Mathilde qui passe de l’ahurissement à l’acceptation et, finalement, au plaisir d’avoir un nouveau petit compagnon.
Un détail.
« Qui oserait prétendre que la vie chez Mamy n’est pas un authentique paradis? »
Une vie n’est pas un paradis. Je te suggère quelque chose genre :
« Qui oserait prétendre que vivre chez Mamy n’est pas vivre au paradis? »
Dans ton prochain texte, sous le signe du bleu, un jouet sera associé à un souvenir.
Bon travail,
Liliane
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerUn épisode plein de fraîcheur qui nous montre Florence forcer la main de sa grand-mère. L'argument du bien-être apporté par la compagnie d'un animal ne cache-t-elle pas la nécessité de trouver une solution pour le petit lapin ?
Et si le petit animal était plus une source d'ennui que de plaisir ? Déjà son comportement chaud lapin ne laisse présager rien de bon. Sur quoi et comment le petit animal va-t-il calmer ses ardeurs ? Et si il tombait malade ?
Un petit détail : dans sa description initiale il manque le mot "oreilles" entre "les" et "rabattues".
Je suis curieux de lire la suite.
Amitiés,
José
C'est un geste de confiance aussi que de laisser le lapinou à Mathilde! Heureusement qu'elle accepte! c'est super pour sa petite fille et ce petit animal va lui changer la vie! Que peut-il faire pour entraîner Mathilde dans des aventures? S'enfuir? Manger les câbles électriques? ... Aller chez le vétérinaire et faire des rencontres???
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