1. Gris - Parfum
-M'enfin, où est-il passé?
Mathilde n'en finit pas de tourner et de retourner tous les tiroirs de la cuisine, de solliciter une fois encore le lave-vaisselle pourtant bien vide et d'explorer les différents sacs poubelles de la cave...
Pourquoi tout ça?
Eh bien, dans l'espoir de retrouver cet objet qui lui tient terriblement à coeur : son cher pèleu.
"Pèleu" oui, c'est le nom bizarre qu'on donne à ces curieux petits outils gris qui permettent de peler avec une facilité et une précision incroyables, aussi bien des pommes de terre tordues que les toutes fines pelures des tomates.
Bizarre, vous dites?
Si on veut. En fait il s'agit d'un vrai petit bijou, un de ces curieux mini couteaux caractéristiques des campagnes profondes des Ardennes.
Car c'est là, dans ces terres retirées de Wallonie que Mathilde découvert, toute jeune encore, dans la ferme de ses grands-parents. ce précieux accessoire de travail. Et c'est là aussi que, bien plus tard, elle a eu l'audace d'en chiper un pour le ramener chez elle.
Mais, diable, où est-il donc passé ce matin, son pèleu?
Serait-ce Maria, la femme de ménage, qui l'aurait balancé avec les épluchures?
Possible, oui.
Le bruit court qu'on peut trouver de ces semblables petits ustensiles dans les grandes surfaces.
Mais nooon! Rien à voir! Ce ne sont que de pâles copies, même s'il s'agit d'outils apparemment pimpants, lames brillantes, joliment emballés, et présentés avec la mention - totalement erronée d'ailleurs - " non inoxydable". Alors que les vrais pèleus sont justement de petits couteaux effilés, gris, oxydables et à l'aspect rébarbatif mais tellement efficaces.
Peut-être faudra-t-il aller investiguer dans une de ces belles coutelleries, super achalandées. du centre de la ville.
Sans doute.
Le hic, c'est que pour y arriver, n'est-ce pas, il faut se hasarder au coeur des travaux du centre de la cité ou, pire, affronter la cohue des trams, bus, et autres trottinettes...!
Non merci, parfum nauséeux, tout ça!
-oOo-
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerJe suppose que « pèleu » est un « wallonisme » qui, comme la plupart des mots locaux, est tout à fait expressif.
Mathilde « ce n’est pas bien, pas beau de voler ». Ce n’était pas très grave mais tout de même ! J’espère malgré tout qu’elle retrouvera le fruit de son petit larcin.
En attendant la suite – je suppose que ne se retrouvera pas en prison, du moins pour ce « détournement » mais qui sait, qui vole un œuf, vole un bœuf.
En attendant la suite, accepte mes bons vœux pour 2026 et encore bravo.
Cordialement, Christian
Grand merci, Christian,
Supprimerpour ce commentaire pour le moins…rapide! Le petit larcin de Mathilde est sans gravité, tu imagines bien que ses grands-parents possédaient plus d’un de ces ingénieux petits couteaux! Petit emprunt familial, quoi!
Belle fin d’année à toi.
Mes meilleurs vœux pour 2026!
Cordialement,
Micheline.
Petit message de Colette
RépondreSupprimerBonjour à vous tous, les amis,
Je ne trouve que ce moyen pour vous contacter et vous dire que Liliane est hospitalisée à Dinant suite à une mauvaise grippe.
Je l'ai eue en ligne ce matin. Elle se semble fort faible et la toux l'épuise depuis plus d'une semaine.
Bien sûr, elle s'inquiète pour l'atelier Escale du Nord qu'elle ne peut assumer pour l'instant. Ce qui veut dire que le blog est momentanément suspendu.
Un petit message de notre part lui fera certainement plaisir. et lui donnera la force pour combattre ce sale virus.
Montrons-lui qu'elle compte pour nous !
J'espère toucher tout le groupe par ce biais...
Je vous souhaite un beau week-end !
Colette
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerPèleu = éplucheur si je comprends bien. Mais les actuels ne sont-ils pas vendus avec la mention "inoxydable" comme bien des ustensile modernes au contraire de ceux qui le sont bien ?
Un joli texte court mais enlevé, si vrai et si bien vécu.
Pourquoi ce pèleu est-il si précieux ? Simplement parce que c'est un souvenir de famille ou d'autre chose ?
Je profite de l'occasion pour te souhaiter une bonne et heureuse année et je formule tous mes voeux pour que Liliane se rétablisse promptement.
Bien amicalement,
Jan.
L’année 2026 s’ouvre comme un livre encore vierge, prête à accueillir nos moments partagés, nos rêves les plus fous, nos projets les plus chers.
RépondreSupprimerJe vous souhaite des matins doux pleins de promesses et des idées lumineuses pour nous enchanter de vos écrits !
Ensemble, écrivons des moments magiques, partageons des instants précieux qui permettent de sourire à la vie !
Belle et heureuse année !
Que notre Liliane nous revienne guérie et pleine d’enthousiasme !
A bientôt pour de belles aventures !
Je vous embrasse,
Colette
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RépondreSupprimerUn objet peut nous ramener au passé! Ici le "pèleux" est comme une Madeleine de Proust. Il nous renvoie dans l'enfance, dans les Ardennes. Je comprends que la perte de cet objet rende triste. On l'a toujours connu, il est rassurant et aussi efficace, semble-t-il?
Que va-t-il se passer?
Très belle année à toi!
Ton histoire aurait pu sortir de la plume de Philippe Delerm.
RépondreSupprimerMathilde nous raconte une anecdote somme toute banale du quotidien. Elle étale ses pensées en long et en large comme si cela l'affectait profondément.
Une certaine émotivité et une poésie du souvenir transparaissent entre les lignes.
Dans ma jeunesse, ma maman et ma grand-mère l'appelaient aussi leur petit pèleu..
J'adore le passage où elle démontre par a+b la "non valeur" des "copies" actuelles qui n'ont rien à voir avec les bons pèleus d'autrefois.
J'ai envie de m'amuser et de donner un titre à ce texte: " C'était mieux avant"
Merci pour ton texte savoureux, Micheline!
Colette
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerUn petit texte sympa ; teinté de tende nostalgie et d’une écriture tout en nuances. Mine de rien il nous en apprend beaucoup sur le caractère de Mathilde, attachée aux souvenirs et rebutée par le tumulte de la vie moderne.
Le choix du pèleu aurait mieux convenu le jour où la consigne aurait donné la vedette à un outil ou objet de ménage. Ceci dit, je considère que cette consigne a été remplie et je te replacerai le parfum un peu plus tard.
Dans ton prochain texte, qui sera sous le signe du vert, un accessoire vestimentaire -gant, chaussure, chapeau, écharpe… - tiendra le rôle principal à mettre en relation avec une dispute.
Bon travail,
Liliane
Bonjour Micheline,
RépondreSupprimerSympa ton récit et attachant. On éprouve bien l'énervement, la frustration et l'exaspération ressentis par Mathilde.
Et on comprend l'attachement que de vieux objets usuels peuvent engendrer.
To récit et vif, très agréable à lire.
Vivement la suite,
José